ACTUALITE
NOUAKCHOTT-INFO
QUOTIDIEN

Après l'Afghanistan, l'Irak
Le Grand Sahara intéresse les américains
Treize chefs d'Etat des pays membres de la communauté des Etats sahélo-sahariens (Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad, Soudan, Nigeria, Togo, Bénin, Libye, Erythrée, Somalie, Centrafrique et Sénégal) se retrouveront vendredi prochain à Bamako selon le Quotidien algérien Le Matin, pour un sommet qui abordera diverses questions, dont essentiellement la coopération sécuritaire avec les Etats-Unis d'Amérique.
Des représentants du Maroc, de la Tunisie, de l'Egypte, de la Gambie et de Djibouti, dont les Premiers ministres marocain et tunisiens seront également présents selon la même source.
Après l'adoption par le G8 du projet américain d'un "Grand Moyen-Orient" qui concernera l'ensemble géographique allant de la Mauritanie à l'Afghanistan avec à la clé des reformes institutionnelles, mais également, une plus grande présence américaine dans cet ensemble, les Etats Unis ont l'intention de lancer imminement un volet sécurité du projet du " Grand Moyen-Orient " à travers des manoeuvres militaires conjointes avec les forces armées des pays du Maghreb et du Sahel.
Déjà, au niveau de la sous région sahélienne le budget de la fameuse initiative " Pan Sahel " initialement fixé à 7 millions de dollars a été porté à 125 millions de dollars sur 5 ans.
Le Pentagone fournissant aussi conseils, formation et renseignements aux Etats et appuyant la traque engagée contre le groupe salafiste pour la Prêche et le Combat (GSPC). L'initiative "Pan Sahel " lancée en décembre 2002 avec le Tchad, le Niger, la Mauritanie et le Mali vise à assurer la protection des frontières, le suivi des mouvements de personnes, la lutte contre le terrorisme et la coopération régionale.
Ce regain d'intérêt pour le Grand Sahara s'explique en dehors des considérations sécuritaires par le souci pour les américains de prendre pied dans une zone considérée comme une future plateforme de substitution dans le ravitaillement énergétique au Moyen orient tout court en raison de ses potentialités pétrolières exploitées ou en réserve.
Mais, officiellement le Pentagone avance une autre raison : le Grand Sahara, cette région s'étendant des Sud marocain et algérien en passant par le Nord-Est mauritanien jusqu'au Nord du Tchad pourrait constituer "un nouvel Afghanistan" pour les militants islamistes et combattants liés selon les milieux du renseignement occidental au réseau Al Qaïda. Evidement la sécurisation de ce No Man's Land arrange tout le monde. Les differents Etats ayant des préoccupations sécuritaires qu'ils ne pouvaient à eux seuls, faute de moyens de surveillance efficace surmonter, dans un immense désert, où la présence américaine ne heurtera pas en outre, la fibre nationaliste au niveau des pays concernés.
Cela est d'autant plus vrai que la traque du GSPC ne justifie pas à elle seule la présence militaire américaine dans la région à un moment où l'on évoque de plus en plus, la fin de ce groupe terroriste auteur de l'enlèvement des touristes occidentaux en 2003. On rappelle à cet effet que les tchadiens avaient affirmé avoir exterminé les troupes du GSPC en avril 2004 au Tibesti, que Jeune Afrique l'intelligent avait rapporté la mort de son émir Abderrazak " le Para ", et que des dissidents tchadiens affirmaient l'avoir fait prisonnier ainsi que certains de ses sbires. Une information confirmée par des sources diplomatiques et sécuritaires dans la capitale malienne, ainsi que par le parquet fédéral allemand à Karlsruhe. En plus et tout récemment le président malien Amadou Toumani Touré avait déclaré qu'il n'y avait plus un seul salafiste au Nord du Mali.
Le président malien cité par l'AFP dans une dépêche datée du 8 juin, parlait lors d'une rencontre avec la presse à l'occasion du deuxième anniversaire de son investiture et faisait référence à ce GSPC … objectif principal de l'initiative " Pan sahel ".
Synthèse IOM

Arreté169/ MIPT/ DGSN
La Chambre administrative ordonne un sursis partiel
Devant le recours partiel en annulation introduit par Me Souleymane Diarra l'avocat du commissaire Abdatt Ould Senny contre l'arrêté N° 169 MIPT/ DGSN du 18 mai 2004 portant avancement au grade de commissaire divisionnaire de certains personnels de la direction de la Sûreté, le président de la Chambre Administrative de la Cour Suprême M Boutar Ould Baba a rendu le 27 mai dernier une ordonnance de sursis partiel. Par cette ordonnance N° 16/04 le président de la Chambre Administrative a ordonné le sursis partiel à l'exécution de l'arrêté d'avancement, notamment dans ses dispositions relatives à l'avancement du Commissaire principal Diop Ibrahima, au grade de commissaire divisionnaire.
On rappelle que le Commissaire principal Abdatt Ould Senny avait démissionné de son poste de directeur du Personnel et de la Formation au sein de la Direction Générale de la Sûreté Nationale (DGSN) suite à une modification du procès verbal de la commission paritaire administrative des avancements des personnels de la Police en date du 24 mars 2004, approuvé par le ministre de l'Intérieur le 28 mars 2004.
La commission présidée par le Secrétaire Général du ministère de l'Intérieur Macina Mamadou et comportant le Colonel Ely Ould Mohameded Vall (DGSN) comme vice -président , les commissaires Abdellahi Ould Mohamed Mahmoud et Abdatt Ould Senny comme membres s'était réunie le 24 mars 2004 dans le bureau du Directeur Général de la Sûreté Nationale pour statuer sur les avancements des personnels de la Police. Cette réunion a été sanctionnée par un procès- verbal qui a été signé par le président et les membres et qui fut d'ailleurs approuvé le 28 mars 2004 par lettre du ministre de l' Interieur M Kaba Ould Elewa . Au regard de ce procès- verbal seul le commissaire Abdatt Ould Senny fut promu commissaire divisionnaire.
Mais en réaction à la promotion de Abdatt Ould Senny, le commissaire principal Diop Ibrahima avait envoyé une lettre au Directeur Général de la Sûreté lui signifiant qu'il est plus ancien que Abdatt dans les échelons de commissaire principal (mais pas dans le grade, Abdatt est commissaire depuis 1990 et Diop l'est depuis 92). S'en suivra le 13 avril 2004, la convocation d'une nouvelle réunion de la commission, dans le bureau du Directeur Général de la Sûreté, qui allait remettre en cause le procès verbal déjà approuvé et Diop Ibrahima fut promu commissaire divisionnaire à la place de Abdatt. Ce dernier avait démissionné de son poste et porté l'affaire devant la justice. Avant cette ordonnance de la Chambre Administrative de la Cour Suprême le débat entre spécialistes était resté ouvert sur la primauté de l'ancienneté du grade à celle des échelons. Mais la Chambre Administrative de la Cour Suprême au terme des motifs du dispositif de son ordonnance n'a pas prêté à équivoques en précisant que : " Abdatt Ould Senny a présentement précédé dans le grade Diop Ibrahima puisqu'il totalise depuis sa nomination un peu moins de 14 ans alors que Diop Ibrahima ne totalise que 12 ans ". Soulignons par ailleurs, que cette ordonnance a été notifiée aux concernés le 2 juin 2004. Et selon des sources bien informées elle aurait connu un début d'exécution non suivi. Le ministre de l'intérieur, dans ce qui ressemble à une interférence dans une décision judiciaire, a introduit au niveau de la Cour Suprême une demande en rétractation visant à obtenir un sursis. Ainsi le président de la Chambre Administrative de la Cour Suprême se trouve selon des sources concordantes soumis, depuis quelques jours, à d'énormes pressions. Va-t-il résister ? Il en va de l'independance de la justice.En tout état de cause, la Cour Suprême jugera du dossier au fond et ce, le 26 juin courant.
Bahaida Ould Ghoulam

Le Porte-parole du Gouvernement
"L'Etat aujourd'hui
n'est plus l'Etat interventionniste."

"Lorsque vous aurez publié dans vos journaux, tout ce que l'on vous dit dans le point de presse, à ce moment-là, vous pourrez nous demander pourquoi nous ne diffusons pas dans nos éditions télévisées et radiodiffusées l'intégralité du point hebdomadaire. Je vous en fais la promesse." C'est en ces termes que le Ministre de la Communication et des Relations avec le Parlement, Porte-parole du Gouvernement a répondu à la question de savoir pourquoi, le jeu des questions-réponses auquel il se soumet chaque semaine, n'est pas retransmis à la télévision, à l'instar des débats parlementaires. M. Hamoud Ould Abdi aura ainsi été plus diplomate que l'un de ses prédécesseurs, présentement Président de l'Assemblée nationale, lequel avait laconiquement répondu à la même question en balançant un "autant vous êtes libres d'écrire dans vos journaux ce que vous voulez, autant nous le sommes avec notre télévision."

Pourtant le point de presse de ce mercredi sera dominé par l'insoluble question des devises, des bureaux de change et des impôts. Véritable casse-tête chinois pour le Gouvernement d'abord, et pour son Porte-parole, le problème de devises sera passé encore une fois au peigne fin. "Contrairement à ce que j'ai lu dans beaucoup de vos journaux, comme quoi c'est une affaire qui concerne ce que vous avez appelé "les petits agents de change", je tiens à souligner que c'est une mesure qui concerne tous ceux qui opèrent dans le domaine des devises, qu'ils soient petits ou grands.

M. Hamoud
O. Abdi
Car, à y voir de plus près, qui est derrière ces petits intermédiaires qui rabattent autant de devises, manipulent autant d'argent ? Ce sont bien des grands qui ont les moyens, qu'ils soient bureaux de change ou autres. Donc soyons clairs, c'est une affaire grave qui a failli mettre à genoux notre économie et l'Etat a réagi avec fermeté en rappelant la réglementation et en faisant respecter les lois en vigueur dans notre pays. Encore une fois, le Gouvernement a agi dans l'intérêt supérieur de la Nation."
Interrogé sur le bras de fer qui semble s'installer entre la direction des impôts et les bureaux de change sommés de payer des impôts de plusieurs millions établis sur la base de leurs chiffres d'affaires plutôt que leurs bénéfices, le Porte-parole du Gouvernement répondra qu'il s'agit là d'un problème que nous connaissons tous. "Malheureusement la plupart des Mauritaniens ne paient pas leurs impôts. Il y a carence dans le domaine civique et votre rôle en tant que presse est de contribuer à renforcer le civisme des Mauritaniens et leur faire comprendre que l'Etat aujourd'hui n'est plus l'Etat interventionniste qui reçoit ses ressources d'une fatalité d'on ne sait où. Mais que ses ressources proviennent bien du contribuable. C'est avec cela que l'on fait les routes, que l'on finance la santé que l'on éduque les enfants. Il y a une loi de finances votée chaque année par le Parlement qui détermine l'ensemble des impositions et les Mauritaniens qu'ils soient des opérateurs dans le domaine de change ou dans les autres domaines doivent payer leur impôt. Donc tout celui qui n'est pas conforme aux lois doit s'attendre à ce que l'agrément qui lui est donné et qui lui permet d'exercer son métier lui soit retiré."
Au tout début de ce long point de presse, le porte-parole du Gouvernement devait revenir sur les travaux du Conseil des Ministres de ce mercredi. Ainsi, dira-t-il, "le Président de la République a ordonné la présentation de rapports périodiques sur les activités du Gouvernement pour suivre l'évolution de la réforme de l'administration, son informatisation, la campagne nationale de lutte contre l'analphabétisme, la décentralisation, etc.
Le Conseil des Ministres s'est également planché sur l'étude et l'adoption de plusieurs projets de lois dont ceux autorisant le Président de la République à ratifier les conventions d'accords dans le domaine de la promotion et la protection des investissements, signés entre notre pays et les Etats de Qatar, de Gambie et de Grande Bretagne.
Mohamed Ould Khattat

Les vacances
Quels projets ?
Les vacances approchent à grands pas. Après la fermeture des classes, les maisons ne désemplissent plus, les enfants ne partant plus pour l'école. Les parents deviennent de plus en plus embêtés par les demandes capricieuses et pressantes de leurs rejetons. Ils redécouvrent soudain que l'école en plus d'éduquer les enfants, avait bien d'autres vertus parmi lesquelles, celle de garder la marmaille. Alors, la préoccupation principale des parents devient de parer au plus pressé. La ville devient ainsi un enfer pour eux et tout leur souci est de la quitter le plus rapidement possible.
Deuxième signe annonciateur du début de vacances, ces bouffées de grande chaleur qui commencent à alourdir le climat de Nouakchott. Des signes avant coureurs précédant l'hivernage. Cette saison des tropiques bien de chez nous, est synonyme de renaissance et de printemps. C'est durant cette période que les pluies tombent et que le tapis végétal se régénère comme s'il s'agissait du printemps. Les animaux mettent bas et le lait devient abondant. C'est une saison de faste qui appelle tout bonnement à la détente et à l'aventure. Le début de cette saison coïncide avec la Guetna (récolte oasienne) un autre rendez-vous annuel pris avec les palmiers dattiers. Des moments privilégiés liés aux traditions et que beaucoup de Mauritaniens ne veulent jamais rater.
Avec un tel panorama offert à l'intérieur du pays à nos compatriotes pour leurs vacances, on s'interroge sur les projets que nos compatriotes nourrissent pour leurs vacances ?

Les créneaux traditionnels
Le mode de vacance est immuable pour bon nombre de Mauritaniens. On dirait que la modernité a été un choix conscient pour eux. Ils n'en ont choisi que ce qui n'altère pas leur mode de vie ni ne dénature leur identité culturelle. Le reste, ils l'ont rejeté.
M.S.O.A est de ceux là. Les vacances pour lui sont associées à l'hivernage. Possédant du bétail au Hodh, chaque année il se rend dans le petit hameau tribal perdu quelque part sur la route de Néma. Là, dés premières pluies, l'endroit se transforme en un lieu paradisiaque couvert de verdure. Les vaches et chèvres qui ont mis bas fournissent le lait. Des mares surgissent ici et là disponibilisant l'eau pour le bétail. La viande, dit-il, devient disponible à gogo et on égorge fréquemment en dégustant une viande saine. Loin des soucis de la ville, du bruit, il passe ses journées à se prélasser s'occupant de son bétail en menant une vie paisible et tranquille. C'est une cure de jouvence pour lui. Car il se refait une santé.

F.M.H quant à elle, a son point faible c'est la Guetna. Cette période exerce sur elle un attrait magique. C'est devenu une tradition dans sa famille. Il est inimaginable de rater ce rendez-vous précieux. Les oasis d'Atar constituent le cadre naturel idéal pour se reposer et se détendre. En compagnie de sa famille, ils installent une tente dans une palmeraie et passent tout un mois là bas. Ils découvrent d'autres familles avec lesquelles ils tissent des liens d'amitié et mènent une vie de pachas en se gavant de nourriture et surtout de ce fruit dont elle dit qu'il est plein de vertus sanitaires.
En tout cas, affirme-t-elle, lorsque la famille quitte, on remarque que tout le monde a pris du poids et a "retrouvé la couleur ", signe d'une renaissance.
Les vacances de B.O quant à lui sont studieuses même s'il y a un petit côté de dépaysement. Il profite de l'opération de retour au terroir qui s'effectue chaque année pour ramener toute la famille au village. Et là, avoue-t-il, tous les membres de la famille se mettent au travail et labourent le champs. Il reconnaît que cela est très profitable pour lui car il fait d'une pierre deux coups. Il gagne de quoi nourrir sa famille à travers la récolte. Et le déplacement aux villages constitue de véritables vacances. Il retrouve son passé et renoue avec les traditions. C'est comme s'il s'agissait d'un ressourcement. A la veille des ouvertures scolaires, ils retournent à Nouakchott où les enfants doivent prendre le chemin de l'école et la vie ses droits.

L'option moderne est contraire à l'intérêt national
L'évolution de la vie a donné lieu à un nouveau type de Mauritanien présentant un profil particulier. Il s'agit de familles aisées appartenant à l'élite et au gratin bourgeois. Pour ces gens, leur rêve de vacances les transporte très loin au-delà des frontières du pays. Cet élève déclare que sa famille a pris l'habitude de passer ses vacances au Maroc. Son père dispose de solides amitiés là-bas qui lui facilitent les formalités de leurs vacances. Chaque été, ils viennent au Maroc et trouvent une villa prête pour les accueillir. Il avoue attendre cet instant avec délectation. Lui aussi a réussi à tisser des amitiés au Maroc et l'impatience le brûle d'aller rejoindre ses nouveaux amis. Il s'amuse en s'éclatant là bas comme il dit. Il se sent vivre là bas et découvre plein de choses qui lui étaient insoupçonnées jusque-là.
A.O.D partage quelque peu la même vie que son prédécesseur avec la différence prés que lui et ses parents changent à chaque fois de destination. Ils ont déjà été en Tunisie, au Maroc, en Algérie, en Espagne, et en France.
Cette année, la destination n'a pas été fixée. Mais tous les désirs penchent vers un pays européen. A.O.D se remémore les moments privilégiés d'intenses émotions qui lui sont offerts de découvrir un nouveau pays. Il a appris des tas de choses, dit-il, qui lui servent énormément dans sa vie. Le monde fait-il savoir est si petit pour qu'on puisse s'enfermer dans un seul pays c'est fabuleux, cette diversité et ces couleurs qui caractérisent la différence entre pays. Depuis qu'il voyage, reconnaît-il, il a gagné plus de confiance en soi, c'est comme s'il avait grandi plusieurs années d'un seul coup en gagnant en sagesse. Il invite tout le monde à voyager car, dit-il, les voyages forment et constituent une vraie école de la vie. Mais le malheur est que cela n'est pas donné à tout le monde. Les moyens financiers manquent. Prendre des vacances à l'extérieur exige en effet énormément d'argent.Un argent fou qui sera malheureusement dépensé au profit d'agences de voyages, d'hôtels étrangers. Ce genre de vacances est tout simplement contraire à l'intérêt national et devra être découragé par tous les moyens .Depuis le Domsat, l'électrification et la création de multiples hôtels et auberges à l'intérieur du pays, la Mauritanie qui est devenue une destinée touristique pour les européens doit l'être d'abord pour ses fils. Le sentiment d'appartenance à ce pays doit se traduire dans les faits. Racler notre pognon pour aller le dépenser ailleurs n'est pas rendre service à notre pays !
Bâ Youssouf

N° : 605 du 17 juin 2004